"C’est
dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures", devait inlassablement
répéter la grand-mère d’Automat à son petit-fils. Devenu grand et producteur electro,
Raphaël applique le précepte à la lettre. Les vieux pots, ce sont les vétérans
de l’avant-garde d’il y a vingt ou trente ans, des Allemands de Kraftwerk aux
pionniers de la techno de Detroit comme Juan Atkins.
A l’instar d’artistes
de l’ombre comme Dopplereffekt, Drexciya, Arpanet ou plus récemment l’Allemand
Anthony Rother, ce trentenaire parisien produit une electro sombre et métallique
qui ne se prive toutefois pas de bonnes rasades d’acide qui rappellent ses premières
amours entre house et techno hardcore. Intransigeant dans son approche robotique
et futuriste, Automat sait varier les plaisirs avec un grand pont réussi en direction
d’un autre de ses maîtres, Aphex Twin, sur plusieurs titres à saveur electronica
(Raw Bot).
Electrospectif est une compilation de ses différents maxis
parus entre 1997 et 2004, suffisamment cohérente pour qu’on ne puisse dater tel
ou tel titre - un format court qui lui va à merveille, quand bon nombre de ses
collègues se cassent les dents en s’aventurant sur la longueur d’un vrai album.